Application et peinture – ITW Dir. Technique Tollens

Peinture

Quelles sont les peintures qui permettent de gagner du temps à l’application ? Quelles sont les conditions pour qu’une peinture dure dans le temps ? Peut-on contretyper une peinture ? Les réponses d’un expert.

Pour y répondre, nous avons interrogé Olivier Montagne, Directeur Technique du fabricant de peinture Cromology (Tollens, Zolpan, etc.).

1. Quelles sont les peintures qui permettent de gagner du temps à l’application  ? Et les techniques ?

Alors déjà, parlons peinture. Nous avons sorti assez récemment des peintures qui permettent sur des fonds correctement préparés de ne pas mettre de primaire. Cela fait donc une couche de moins et dans un travail de peinture, ce n’est pas négligeable. Cela marche dans certains cas mais pas dans d’autres. Nos fiches techniques sont très précises là-dessus.

Nous avons également des produits qui ont un séchage très rapide. Ce qui fait qu’au lieu d’attendre 24h avant de mettre la couche d’après, au bout de quelques heures à peine, vous pouvez venir appliquer les couches supplémentaires. Donc là, vous avez déjà énormément de gain de temps entre le nombre de couches et le temps entre couches.

Après, un autre travail qui ne se voit pas lorsque vous ouvrez un bidon mais que vous sentez très rapidement à la fin de la journée, c’est un paramètre qu’on appelle la glisse. c’est-à-dire lorsque vous trempez votre rouleau dans la peinture et que vous l’appliquez sur le mur. Certaines peintures feront mal au bout d’une heure de peinture car elles seront difficiles à étaler, difficile à réguler. Du coup, vous travaillerez énormément pour avoir un film qui ne sera peut-être pas si extraordinaire que ça. 

À l’inverse, nous travaillons beaucoup sur la rhéologie de nos produits, pour faire en sorte que la glisse, donc la capacité de répartir le produit (de le lisser et d’uniformiser), se fasse très facilement. Et enfin il y a l’outil. Dans les outils, nous avons tout un travail que nous avons pu faire sur les outils pour préparer un chantier. Cela peut être des adhésifs, des rouleaux, des brosses, où on a toutes une série de textures différentes, de poils différents, de longueurs différentes, de façon de tisser ses poils… pour faire en sorte que les rendus soient les meilleurs possibles. Et, pour certains chantiers, on peut aller jusqu’à la mécanisation. Donc là aussi, avant de sortir les peintures sur le marché nous vérifions à chaque fois qu’elles soient bien utilisables avec un pistolet.

2. La mécanisation voire robotisation de l’application, vous y croyez ?

Alors la réponse, elle tient à mon avis en deux paramètres. 

Le premier paramètre, c’est avec quel outil j’applique mon produit ? Vous allez trouver en GSB pleins de petits pistolets, que vous achetez pour trois fois rien et on va vous vendre que ça permet de tout appliquer facilement… C’est faux ! D’ailleurs, vous commencez à avoir en GSB des engins beaucoup plus costauds, parce que ce genre d’engin marche pour des lasures, des produits très fluides, mais ne marche pas pour des peintures de bâtiments. Pour le professionnel, ces pistolets existent et il les possède. 

Deuxièmement, c’est sur quel marché j’interviens ? Est-ce que j’interviens dans le neuf ou dans la rénovation ? C’est sur que si vous devez repeindre une porte dans un appartement où il y a de la moquette au sol, des bibelots, ce n’est sûrement pas au pistolet qu’on va le faire, car on passera plus de temps à protéger l’ensemble de la pièce pour ne peindre que la porte. Alors qu’au rouleau, au pinceau, ou à la brosse, cela se fera beaucoup plus vite. 

À l’inverse, dans le neuf, où il n’y a vraiment rien, ni le sol ni les interrupteurs, il y a un avenir absolument extraordinaire et nous avons beaucoup de clients qui sont exclusivement mécanisés et qui sont capables de peindre cinq ou six appartements avec une personne dans une journée. Donc, on voit bien que tout dépend de l’outil et du marché sur lequel on intervient.

3. Qu’est-ce que vous pensez des peintres qui coupent à l’eau les peintures pour avoir une meilleure glisse ?

Alors, ce qui est vrai, c’est que la France est un grand pays avec encore des disparités régionales assez importantes. Et, cela est assez amusant de constater qu’un Alsacien ne peint pas comme quelqu’un du Sud-Ouest. Ils ont des habitudes différentes, et donc nous, nous aurons du mal à vendre un produit pour chaque région. 

Après, nous avons quand même des produits qui sont prêts à l’emploi. Nous travaillons énormément sur la bonne rhéologie. Cela veut dire la viscosité telle que je vais facilement empâter mon rouleau. Un autre paramètre de viscosité qui fait que lorsque je vais le rouler sur mon mur, il va s’étaler facilement, sans faire trop de gouttes au sol. Également faire en sorte que l’opacité soit optimum, que le pocher soit relativement fin. Tout ceci est optimisé dans nos produits et nous passons un temps énorme dans nos laboratoires et nos centres d’essais pour optimiser ce facteur là. De le diluer très légèrement ne va pas tout perturber. Mais, c’est sur que si les personnes commencent à sur-diluer, là il y a un risque de perturber cet équilibre subtil que nous avons cherché à obtenir. 

4. Quelles sont les conditions pour qu’une peinture dure dans le temps ?

Acheter la peinture la plus chère ne veut pas forcément dire que c’est la meilleure peinture. Déjà, il faut acheter la peinture adaptée, c’est-à-dire s’assurer que le support soit bien dans les domaines d’application de cette peinture. Acheter une marque vous garantit un niveau de sérieux. C’est le cas chez nous et nous n’avons absolument pas envie de vendre des produits à des clients qui n’y trouveraient pas leur compte. 

Vous avez également des labels. Dans les labels parfois vous avez naturellement des notions de santé, de respect de l’environnement etc. mais associé à un niveau de qualité donc à un niveau d’opacité. 

Ensuite, naturellement, la mise en oeuvre. Dans notre métier, 80% du résultat est dû à la qualité : (1) des travaux préparatoires et (2) des conditions de mises en oeuvre.

Poncer les fonds lorsqu’il faut les poncer où les nettoyer, pour la partie préparation. Puis à la mise en oeuvre, on n’aime pas les supports trop chauds, trop froids. On n’aime absolument pas les supports humides. Il faut déposer la quantité voulue. Alors là aussi il y a un débat, qui est que les peintres dans cette génération étaient habitués à appliquer des produits solvantés. Ils avaient une technicité qui était idéale pour des peintures solvantées. C’est clair que les peintures à l’eau ne s’appliquent pas du tout de la même façon. Donc il faut aussi avoir le bon savoir faire et respecter le séchage jusqu’au bout. Étant entendu qu’un film de peinture atteint ses propriétés optimales 8 jours après sa mise en oeuvre. 

Donc, c’est vraiment le respect de ces différents paramètres qui vous garantiront une bonne durabilité. Dernier point, c’est de s’assurer aussi qu’on a pris en considération l’exposition à la chaleur, à la pluie, à la lumière. Tout ça veut dire qu’il y a parfois des protections du bâtiment qui doivent être validées indépendamment de la peinture. Enfin, un dernier point est qu’on ne met pas une peinture intérieure en façade souvent on l’oublie et naturellement il n’y a pas les mêmes contraintes donc pas les mêmes résultats.

5. Peut-on contretyper une peinture ?

Nous avons une technologie assez éprouvée dont nous sommes fiers. Un système complètement centralisé, qui fait que lorsqu’un client vient dans un de nos points de vente il est capable de nous demander un choix parmi des centaines de milliers de teintes, que nous avons dans nos machines. 

Deuxièmement, nous avons une capacité à faire les contretypages d’un nuancier à l’autre, pour proposer des équivalences souhaitées. Nous sommes même capables dans certains cas de faire un contretypage d’une teinte issue d’une peinture qui aurait un peu viré. Là-dessus, la technologie nous aide beaucoup. Mais, nous avons surtout nos coloristes qui ont un oeil très exercé et qui sont capables d’ajuster tout ça. Donc, en théorie on est capable de vous sortir la teinte que vous souhaitez. 

En pratique, les choses sont un peu plus compliquées. Une même teinte, vérifiée avec l’ordinateur et le spectro le plus précis qu’il soit – dès lors que vous l’utilisez dans des peintures différentes, sur des supports différents, sous des angles différents… – aura un rendu qui sera un peu différent. Voire même en fonction du régulateur que vous allez mettre dessous. Autrement dit, la teinte résultante, elle est issue d’une texture, d’un angle d’éclairage, du rouleau que je vais utiliser. Un poché plus ou moins important va faire changer la teinte. Tout ça pour dire que si ce qui est souhaité ce sont des produits différents ou des matériaux différents qui soient exactement à la même teinte, c’est en théorie impossible. Donc c’est vraiment entre les deux. Nous sommes capables de faire à peu près ce que vous voulez en recherche de teintes. Cependant, il ne faut pas penser que la différence sera invisible.

Notes sur le groupe Cromology

Cromology est un des leaders de la fabrication de peinture en Europe. C’est un groupe industriel Français, connu notamment à travers ses marques Tollens et Zolpan. Cromology est également un partenaire de Monsieur Peinture, puisque nous utilisons leurs peintures sur nos chantiers.

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